Enle C. Ayant au préalable subi un entraînement, des Blancs et des Noirs quittèrent Washington le 4 mai à destination du Sud, dans plusieurs autobus. Dès l'apparition des autobus des Freedom Riders, les incidents se multiplièrent. A Anniston, dans l'Alabama, la foule s'empara d'un des autobus pour y mettre le feu.

Le même jour, à Birmingham, un autre autobus fut arrêté et ses occupants battus. Jusqu'alors, les voyageurs n'avaient pas opposé de résistance. Quelques jours plus tard, l'arrivée de Freedom Riders à Montgomery déchaîna une véritable émeute. Prévenus de leur arrivée, des Blancs les attendaient à la gare routière, les attaquèrent dès qu'ils eurent mis pied à terre et les pourchassèrent dans les rues voisines avec des pales de base-ball.

Freedom ride

Bien qu'avertie de troubles possibles, la police locale n'intervint que lorsqu'il y eut déjà plusieurs blessés, noirs aussi bien que blancs. Entre-temps, une foule en délire s'était saisie des bagages des voyageurs et y avait mis le feu. L'utlisation de gaz lacrymogènes ramena finalement l'ordre. La question noire aux USA.

How many rides go upside down at universal studios

Les bus de Montgomery. L'été aux Etats-Unis. Des jeunes, Noirs et Blancs confondus, traversent le Sud à bord d'autocars pour dénoncer la ségrégation.

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La réaction violente des Blancs du Sud incendie d'un bus à Anniston le 14 mai contribue à donner une visibilité à ce type d'action. Un juge se prononcera ensuite en sa faveur. Le danger se précise pendant la traversée de la Caroline du Sud. Ils subissent cette première agression sans répliquer et rejoignent ensuite leurs compagnons. À Winnsboro, Hank Thomas et James Peck sont arrêtés pour s'être assis à un comptoir de restaurant "réservé aux Blancs".

Cette nuit-là, après avoir été relâché, Hank Thomas échappe de peu à une attaque dans la même gare routière. Après leur manifestation à Augusta, les militants arrivent à Atlanta sous les vivats d'une foule d'étudiants. Ils assistent à une réception en présence du révérend Martin Luther King Jr. Au lieu de cela, le leader des droits civiques les encourage à modifier leur itinéraire, précisant qu'avec la menace omniprésente du Ku Klux Klan, ils n'arriveront jamais à traverser l'Alabama.

Avant de partir assister aux obsèques de son père, le leader du mouvement, James Farmer, déconseille à ses amis de poursuivre leur route vers l'Alabama, sans pourtant vaincre leur détermination. Martin Luther King avait vu juste : à la gare routière d'Anniston, les voyageurs de la liberté tombent dans le guet-apens organisé par des membres du Ku Klux Klan, qui crèvent les pneus et brisent les fenêtres du premier bus.

Alors qu'il quitte la ville, des suprématistes blancs lancent une bombe incendiaire et bloquent l'ouverture des portes. Les militants parviennent à s'extraire du véhicule en flammes, mais sont agressés par la foule hostile qui les attend. Un peu plus tard, huit membres du Ku Klux Klan montent à bord du second bus et entraînent de force les activistes noirs à l'arrière, avant d'agresser sauvagement certains d'entre eux.

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Âgé de 61 ans, Walter Bergman subit des lésions cérébrales irréversibles sous le regard impassible des officiers de police présents. Une foule hostile et armée attend le second bus à Birmingham.

Selon certaines sources, Eugene "Bull" Connor, le commissaire à la sécurité publique de la ville, aurait concédé aux membres du KKK un quart d'heure pour agresser les militants sans que la police n'intervienne. L'attaque, à coups de barres de fer, de battes de base-ball et de chaînes de vélo, est d'une grande violence. Les journalistes présents photographient la scène et les images des corps meurtris des militants feront le tour du monde. Malgré des blessures à la tête nécessitant près de 50 points de suture, James Peck se voit purement et simplement éconduit par le premier hôpital où il se rend.

Mais le Sud rechignait et conservait son système à deux vitesses. Mais sur la route qui devait conduire à La Nouvelle-Orléans, le KKK les attendait de pied ferme : en Alabama, les militants étaient attaqués à coups de battes de base-ball, l'un des bus était incendié, et c'est en avion que le voyage s'achevait, pour ceux qui étaient autorisés à quitter l'hôpital.

Mais si ces violences ont empêché les premiers bus d'atteindre La Nouvelle-Orléans, elles n'ont pas empêché le mouvement de prendre de l'ampleur, ni d'autres militants de monter à bord — comme Lewis Zuchman.

Pendant toute cette période, le seul contact avec l'extérieur fut la visite d'un rabbin. Moi, je me disais que je pouvais disparaître et que personne n'en saurait jamais rien.

Bien sûr, ce furent des jours difficiles, mais des jours aussi de moments très forts.